De l’Ancien Régime aux transformations récentesÉTAPE 01 / 05

Les Augustines

Enseigner, résister, accueillir.

Vous êtes ici · L’essentiel

Avant le domaine que vous découvrez, il y eut une communauté enseignante sur l’autre rive du Guiers. La Révolution la disperse ; les religieuses reviennent, se réinstallent et défendent à plusieurs reprises leur couvent devant la justice. En 1862, elles rejoignent Fourville. Le lieu évoluera ensuite vers l’accueil des personnes âgées.

1791La communauté dispersée
1862L’installation à Fourville
1905Le domaine conservé, selon le récit local

Un lieu de vie, à respecter. Découvrez cette étape depuis l’espace public, devant le bâtiment. Respectez la tranquillité des résidents ; n’entrez dans le domaine que sur invitation ou dans le cadre d’une visite autorisée.

Du premier couvent à la maison d’accueil

L’histoire des Augustines,
au fil du temps.

Une communauté dispersée, reconstituée, plusieurs fois menacée, et un lieu qui change d’usage sans perdre son nom.

Avant 1789

Une communauté au service des jeunes filles

L’histoire des Augustines commence bien avant celle du domaine qui porte aujourd’hui leur nom. Sous l’Ancien Régime, elles participent à l’éducation des jeunes filles de Pont-de-Beauvoisin, dans le secteur de Saint-Clément, sur la rive dauphinoise. Enseigner, faire vivre une communauté et accompagner les familles constituent leur place dans la ville.[2]

Avant la Révolution, cette communauté dispose d’un couvent, d’une maison en ville et de plus de 60 hectares de terres. Le récit local situe ces biens notamment au Coulu, à la Folatière, à Romagnieu, et à Saint-Jean-d’Avelanne. Il rattache leur ancienne implantation urbaine au secteur de l’école Lucien-Morard et de la rue de l’Ancien-Collège. Il faut donc distinguer ces premiers lieux du domaine savoyard où commence notre visite.[1]

1791–1795

La Révolution disperse les religieuses

À partir de 1791, les biens des Augustines sont vendus ou réquisitionnés. Les religieuses quittent les lieux et partent en exil. La communauté perd ainsi les bâtiments et les ressources qui soutenaient sa vie quotidienne.[1]

Entre 1793 et 1795, l’ancien couvent aurait accueilli un atelier de salpêtre, selon le récit historique local. Ce produit entre dans la fabrication de la poudre à canon : un lieu consacré à la prière et à l’enseignement se trouve alors affecté aux besoins de la guerre. Cet épisode concerne le couvent d’avant la Révolution, et non le bâtiment actuel.[1]

1809–1825

Revenir, enseigner et retrouver un toit

Au début du XIXe siècle, quatre religieuses reviennent et entreprennent de reconstituer leur communauté. Le récit de leur retour les situe dans l’ancien couvent des Carmes en 1809. Le curé Pierre-Alexis Blain est également associé, dans les travaux locaux, à la réorganisation de la vie religieuse. Ces mêmes travaux évoquent, pour le début du siècle, sept religieuses et 92 jeunes filles : un aperçu de l’importance retrouvée de l’enseignement.[1] [2]

Après 1815, les deux rives du Guiers appartiennent de nouveau à des États différents. La frontière entre la France et le royaume de Sardaigne fait partie du cadre de vie des religieuses et pèsera sur leurs choix d’installation.[2]

La reconnaissance royale de la congrégation est située en 1823. En 1825, les Augustines s’établissent plus durablement près de l’église, au-dessus du Guiers. Laurent Morand désigne leur implantation comme l’ancienne maison des Augustins. Les appellations varient dans les récits, mais un repère demeure : ce premier établissement savoyard précède le transfert dans le domaine de Fourville.[1] [2]

À partir de 1840

Un nouveau domaine prend forme

La documentation locale retient 1840 pour la construction de la Maison des Augustines. Le récit de visite évoque l’achat de terrains à l’emplacement du bâtiment actuel et le démarrage d’un nouveau couvent. Le domaine se constitue ainsi dans un autre secteur de la ville.[1] [3]

La date de construction et celle de l’installation ne doivent toutefois pas être confondues : le transfert de la communauté est situé en 1862. Les documents disponibles ne permettent pas de dater précisément l’achèvement de chaque partie de l’ensemble.[1] [2] [3]

1848–1855

Défendre l’existence du couvent

Alors que ce nouveau domaine se prépare, les réformes religieuses du royaume de Sardaigne menacent l’existence juridique et les biens de la communauté. Les Augustines ne se résignent pas à perdre leur établissement. Le récit local rapporte qu’elles portent l’affaire devant les tribunaux et obtiennent gain de cause en appel.[1]

La défense des religieuses enseignantes mobilise aussi des soutiens dans la ville et la région. En 1855, les travaux historiques citent Greyfié de Bellecombe, Chollat, Rivoire, Valentin et le juge Louis Anselme parmi les intervenants. Une installation sur la rive française aurait également été envisagée. Le Guiers n’est alors pas seulement une rivière : le franchir signifie changer de législation.[2]

1860–1862

S’installer à Fourville

En 1860, le rattachement de la Savoie à la France met fin à la frontière internationale qui séparait les deux Pont. Deux ans plus tard, en 1862, les Augustines rejoignent leur nouveau domaine, à Fourville, dans un clos voisin du petit séminaire.[1] [2]

C’est à cette implantation que se rattache le lieu de cette étape. Bâtiments communautaires, chapelle et parc forment un ensemble plus vaste qu’une simple maison. Le voisinage du petit séminaire inscrit le domaine dans un paysage consacré à la vie religieuse et à l’éducation, sans pour autant confondre les deux établissements.[2]

Vue ancienne d’un vaste ensemble de bâtiments, avec cour, jardins et arbres.Agrandir l’image ↗
Le domaine des Augustines dans une vue ancienne

Cette vue permet de lire l’organisation du domaine : bâtiments, cour et espaces plantés. Sa date précise n’est pas indiquée ; elle n’est pas présentée comme une photographie du transfert de 1862.

Référence indiquée : Archives départementales de la Savoie, 43 F 140. Reproduction dans le dossier de visite, p. 2.

1870–1871, puis vers 1878

Soigner les blessés, aménager le lieu de vie

Pendant la guerre de 1870–1871, les Augustines soignent des soldats blessés, selon le récit de leur communauté. À la mission d’enseignement s’ajoute ainsi un engagement de soin dans une période de conflit.[1]

Dans les années qui suivent, le domaine poursuit son évolution. Les notices architecturales locales situent vers 1878 la construction ou un aménagement important de la chapelle. Cette date reste approximative : elle permet d’inscrire la chapelle dans la vie du domaine de la seconde moitié du XIXe siècle, sans attribuer à cette seule année toutes ses transformations.[2]

1901–1905

Une nouvelle résistance devant les tribunaux

Au début du XXe siècle, les lois françaises visant les congrégations font peser une nouvelle menace sur les Augustines. Leur établissement est menacé de liquidation. Après les épreuves révolutionnaires et les réformes sardes, la communauté doit une nouvelle fois défendre la conservation de ses biens.[1]

Le récit local mentionne une procédure menée jusqu’en cassation et une issue favorable en 1905, qui leur permet de conserver leur domaine. Cet épisode prolonge une même histoire de résistance : derrière la continuité du nom « Augustines », il y a aussi des démarches, des recours et des décisions de justice.[1]

Années 1970–1995

De la communauté religieuse à l’accueil des aînés

Dans les années 1970, la communauté locale connaît un rattachement à une autre branche des Augustines. Les récits ne concordent pas sur sa dénomination exacte, mais décrivent tous une nouvelle étape dans l’organisation de la communauté. La vocation du domaine évolue vers l’accueil et l’accompagnement des personnes âgées.[1] [2]

L’historique de l’établissement situe en 1995 sa reprise par ACIS France. Le nom des Augustines demeure, tandis que les bâtiments accueillent une activité médico-sociale. Il conserve ainsi la mémoire des religieuses, sans effacer les changements d’organisation et d’usage intervenus au fil du temps.[3]

À partir de 2018

Rénover pour mieux accueillir

Un article du bulletin municipal décrit une rénovation et un agrandissement poursuivis à partir du 1er novembre 2018. La toiture est entièrement refaite, l’éclairage remplacé, les peintures reprises et les chambres mansardées modernisées. L’objectif est d’adapter la maison aux besoins de ses résidents.[4]

Une extension accueille un nouvel espace de réception, de petits salons pour les résidents et leurs proches, ainsi qu’un grand espace de vie ouvrant sur le parc. Le bulletin indique alors une capacité maintenue à 79 places, avec des chambres adaptées aux troubles cognitifs, un accueil temporaire et un accueil de jour. Ce chiffre décrit l’établissement à la date de cette publication.[4]

Façade rénovée et extension vitrée de la Maison des Augustines, avec des échafaudages sur le bâtiment voisin.Agrandir l’image ↗
La maison pendant la campagne de rénovation

Vue publiée avec l’article consacré à la rénovation. L’extension et les espaces vitrés illustrent l’adaptation du lieu à sa fonction d’accueil.

Bulletin municipal, « Rénovation complète de la Maison des Augustines », p. 13. Date du cliché et auteur non indiqués.

De l’éducation des jeunes filles à l’accueil des aînés, cette histoire ne se limite pas à des murs. Elle est celle d’une communauté qui a trouvé, à plusieurs reprises, les moyens de poursuivre son œuvre.

La chronologie en un regard · 16 repères
  1. Une communauté enseignante

    Couvent, maison en ville et terres sur la rive dauphinoise.

  2. Vente ou réquisition des biens

    Dispersion et exil des religieuses.

  3. Un atelier de salpêtre

    Usage de l’ancien couvent rapporté par le récit local.

  4. Un retour auprès des Carmes

    Accueil de quatre religieuses revenues d’exil, selon le récit local.

  5. Reconnaissance royale

    Repère donné par le dossier de visite.

  6. Une implantation durable près du Guiers

    Établissement antérieur au domaine de Fourville.

  7. Construction du nouveau couvent

    Date locale ; l’achèvement de chaque bâtiment reste à préciser.

  8. Défense de la communauté

    Mobilisation locale et recours favorable en appel rapporté.

  9. La Savoie devient française

    Fin de la frontière internationale sur le Guiers.

  10. Transfert à Fourville

    Installation dans le domaine voisin du petit séminaire.

  11. Soins aux soldats blessés

    Épisode rapporté par le récit de la communauté.

  12. La chapelle évolue

    Construction ou aménagement important : date approximative.

  13. Un nouveau combat judiciaire

    Issue favorable en cassation en 1905, selon le récit local.

  14. Rattachement de la communauté

    La dénomination de la communauté d’accueil varie selon les textes.

  15. Reprise par ACIS France

    Date retenue par l’historique de l’établissement.

  16. Rénovation et agrandissement

    Toiture, chambres, éclairage, accueil et espaces de vie sur le parc.

Prenez le temps de regarder

À observer ici.

01

L’ensemble, plutôt qu’une façade

Depuis les espaces autorisés, regardez l’ampleur de cet établissement : son histoire est celle d’un domaine, pas d’une simple maison.

02

La place du jardin

Le parc rappelle les liens entre vie communautaire, espaces de retrait et paysage urbain. Son accès ne fait pas partie de cette visite libre.

03

Un nom qui demeure

« Augustines » garde la mémoire des religieuses, alors même que les fonctions et les bâtiments ont évolué.

Sources et précisions historiques

Les renvois numérotés permettent de distinguer les récits historiques locaux des documents qui les reproduisent. Les épisodes dont les pièces originales ne sont pas disponibles restent présentés comme rapportés.

  1. Dossier de visite — « Les Augustines de Pont-de-Beauvoisin : trois siècles de résistance discrète »

    Document transmis en septembre 2026, 2 pages. Page 1 : patrimoine d’avant la Révolution, exil, atelier de salpêtre, retour de quatre religieuses, repères de 1809, 1823, 1825, 1840 et crise de 1848–1855. Page 2 : Fourville en 1862, soins en 1870–1871, procédure de 1901–1905 et devenir de la communauté. Les décisions judiciaires originales et leurs références ne sont pas reproduites dans ce document.

  2. Laurent Morand et travaux historiques locaux sur les Augustines

    Lectures reprises dans la version précédente de cette visite : présence enseignante, rôle de Pierre-Alexis Blain, sept religieuses et 92 filles au début du XIXe siècle, installation de 1825, soutiens de 1855 et transfert de 1862. Les références exactes de volume et de pagination de Morand restent à préciser. La datation de la chapelle vers 1878 est donnée avec réserve.

    Des indications à ne pas confondre. Le dossier de visite place le retour de 1809 dans l’ancien couvent des Carmes ; le repère attribué à Morand nomme l’ancienne maison des Augustins en 1825. Le récit de la première implantation demeure distinct de celui du domaine de Fourville. Le nom de Rivoire cité parmi les soutiens de 1855 ne démontre pas un lien de propriété avec la Maison Rivoire du parcours.

    Pour les années 1970, le dossier de visite nomme les Augustines de Notre-Dame de Paris ; les travaux antérieurement rassemblés renvoient aux Augustines de Meaux et au fonds « 5W – Pont de Beauvoisin ». L’acte de rattachement n’étant pas fourni, la dénomination exacte et la date juridique ne sont pas tranchées ici.

    Les travaux locaux signalent aussi, à Hautecombe, une œuvre sur les souverains de Savoie dont des inscriptions auraient été réalisées à l’aiguille et aux fils de soie par les Augustines de Pont. Faute de date précise dans les documents disponibles, ce témoignage de leur savoir-faire n’est pas placé artificiellement dans la chronologie.

  3. Historiques de la commune et d’ACIS France

    La documentation communale donne 1840 comme date de construction ; l’historique d’ACIS France situe la reprise de l’établissement en 1995. La création, en Belgique en 1975, de l’association citée dans le dossier de visite n’est pas la date de reprise du site.

    Notice communale ↗ · Historique de l’établissement ↗

  4. Bulletin municipal — « Rénovation complète de la Maison des Augustines », p. 13

    Page photographiée transmise pour cette visite ; numéro et date d’édition non visibles sur l’extrait. L’article évoque les travaux poursuivis à partir du 1er novembre 2018, leur programme et une capacité de 79 places à sa date de publication. Ce nombre n’est pas présenté comme une capacité actualisée.

  5. Crédits des deux illustrations

    Vue ancienne du couvent : référence indiquée « ADS 43F140 », reproduite à la page 2 du dossier de visite ; auteur et date non indiqués. Vue de la rénovation : photographie de l’article municipal, p. 13 ; auteur et date du cliché non indiqués. Ces reproductions sont conservées sans reconstitution graphique ; leur utilisation a été autorisée par le porteur du projet.

02

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Depuis le bâtiment des Augustines, rejoignez à pied la Maison Rivoire, rue de l’Hôtel-de-Ville. Sur place, le QR code de l’étape 2 ouvre la suite de la visite.

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Illustration des Augustines

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