Du XVIIe siècle à aujourd’huiÉTAPE 02 / 05

Maison Rivoire

Une demeure, des vies, des siècles de transformations.

Étape 02 · L’essentiel

La Maison Rivoire raconte l’histoire d’une demeure transformée au fil des siècles. De ses éléments du XVIIe siècle à ses décors peints, des récits d’un mariage princier à la sauvegarde de ses bâtiments, elle garde la mémoire d’un quartier étroitement lié aux Carmes et à Saint-Félix.

XVIIe–XIXeUne demeure qui se transforme
1775Le récit d’un mariage princier
1991La maison et la passerelle protégées

Une propriété privée. La découverte libre se fait depuis l’espace public. L’accès aux intérieurs, au jardin ou à la passerelle nécessite une autorisation et doit suivre les indications des organisateurs.

Les grandes dates de la maison
  1. XVIIe–XVIIIe sièclesLes origines de la demeure
  2. 1775Clotilde de France à Pont-de-Beauvoisin
  3. Après la RévolutionDes terrains des Carmes à la magnanerie
  4. XIXe siècle – avant 1940Décors intérieurs, notariat et soie
  5. 1990–début des années 1990Documenter, protéger, préserver
  6. 2021Restaurer les toitures
  7. Aujourd’huiRegarder la maison et poursuivre la visite

Une demeure au fil du temps

L’histoire de la Maison Rivoire.

XVIIe siècle – milieu du XVIIIe siècle

Une demeure prend forme.

L’histoire de la Maison Rivoire ne commence pas par un seul chantier. Sa partie la plus ancienne remonte au XVIIe siècle : une porte d’entrée à panneaux sculptés en conserve notamment le souvenir. La demeure est ensuite remaniée et agrandie aux XVIIIe et XIXe siècles. Sa silhouette rassemble ainsi plusieurs époques, plutôt qu’un état demeuré intact depuis sa construction.[1]

Le récit de visite situe la construction de la maison vers 1750. Ce repère du XVIIIe siècle vient donc s’inscrire dans une histoire du bâti plus longue, déjà ouverte au siècle précédent. Au fil des transformations, les façades, les pièces et les dépendances composent une propriété tournée à la fois vers la ville et vers ses jardins.[2][1]

Façade de la Maison Rivoire côté jardin, avec ses galeries en bois.
La maison côté jardinLa façade sur jardin et ses galeries en bois. Cette vue permet de lire les différents volumes de la demeure ; la photographie n’est pas datée.

21 août et 5 septembre 1775

Le récit d’un mariage princier.

Au XVIIIe siècle, Pont-de-Beauvoisin est un lieu où l’on passe d’un État à l’autre. Le récit consacré à la Maison Rivoire l’associe à l’un de ces moments de rencontre : l’arrivée de Clotilde de France, sœur de Louis XVI, auprès de celui qui deviendra Charles-Emmanuel IV de Sardaigne.[2]

Le mariage par procuration a d’abord lieu à Versailles, le 21 août 1775. Le dossier situe ensuite au 5 septembre la présentation de la princesse à Pont-de-Beauvoisin et attribue à la Maison Rivoire un rôle dans la cérémonie de remise. Ce passage marque l’entrée de Clotilde dans son nouvel entourage et sa nouvelle cour.[2]

La maison y apparaît transformée pour l’occasion en résidence d’apparat : banquet, feux d’artifice et rencontre des deux cours donnent au récit l’éclat d’un palais éphémère. Cet épisode est rapporté par le document de visite ; l’archive permettant de localiser précisément toutes les cérémonies dans la demeure reste à identifier.[2]

Après la Révolution

Une propriété qui s’étend vers les Carmes.

Après les bouleversements révolutionnaires, la propriété change d’échelle. Le document de visite rapporte l’achat, par les Rivoire, de terrains des Carmes, puis la construction d’une magnanerie : un bâtiment destiné à l’élevage des vers à soie. Aux espaces de la vie domestique s’ajoutent ainsi des dépendances liées au travail.[2]

Le voisinage de l’église se lit aussi dans l’organisation des lieux. Le terrain de la maison est relié à la terrasse occidentale des Carmes par une passerelle à pans de bois, au-dessus du passage de Saint-Félix. Cette liaison et la galerie en bois de la façade sur jardin sont deux éléments distincts : l’une rejoint l’église, l’autre appartient à la demeure.[1][3]

Jardin, bâtiments et passerelle forment un ensemble dont la visite permet de comprendre les relations avec le quartier. La source Saint-Félix et l’église restent les deux étapes suivantes du parcours.

XIXe siècle – première moitié du XXe siècle

Habiter, décorer et travailler la soie.

Au XIXe siècle, les remaniements se poursuivent. La maison conserve des cheminées, des boiseries, des trumeaux et des dessus-de-porte en bas-relief. Son décor peint de style pompéien lui donne une identité particulière : scènes figurées, panneaux et ornements évoquent le goût pour l’Antiquité. Ces éléments témoignent du soin apporté aux intérieurs, sans que la date de chacun d’eux soit précisément établie.[1][2]

Pièce décorée de la Maison Rivoire, ouverte sur un escalier et ornée de peintures murales.
À l’intérieur de la demeureL’escalier, les ouvertures et les décors peints composent un intérieur soigné. La photographie n’est pas datée.

Le regard passe des ouvertures en arc aux peintures qui entourent les portes, puis aux détails des panneaux décoratifs. Les photographies rendent visibles ces espaces que l’on ne peut pas découvrir depuis la rue : un intérieur habité et orné, complément indispensable à la lecture des façades.[2]

Le récit de visite présente les Rivoire comme une famille de notaires royaux jusqu’aux environs de 1870, puis les associe à l’essor de la soie dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il mentionne une usine Rivoire près de la place de la Liberté et de la passerelle du Champ-de-Mars, dont l’activité aurait cessé peu avant 1940.[2]

Panneau peint de style pompéien : une scène figurée encadrée de motifs ornementaux.
Un détail du décor pompéienMotifs ornementaux et scène figurée d’un panneau peint. Le goût antique s’exprime jusque dans les détails du décor.

1990 – début des années 1990

Reconnaître et préserver la maison.

En 1990, une campagne photographique patrimoniale documente la demeure : ses façades, son escalier, ses peintures, son salon et sa galerie. Les détails intérieurs deviennent ainsi des éléments enregistrés de son histoire architecturale.[3]

Le 22 novembre 1991, la Maison Rivoire et la passerelle dite des Carmes sont inscrites au titre des Monuments historiques. L’arrêté exclut le parc de cette inscription. La protection porte donc sur des éléments précisément désignés de l’ensemble, et ne crée pas un droit d’accès aux espaces privés.[1]

Au début des années 1990, l’avenir de la propriété est aussi discuté dans le cadre de la transformation du centre-ville. Un bulletin municipal évoque un parc public et une opération immobilière sur son emplacement, prévue pour 1993. Il annonce une consultation des services de l’État et n’écarte pas une adaptation du projet qui permettrait de conserver le bâtiment principal, sous réserve de faisabilité technique et financière.[4]

La photographie publiée avec ce texte fixe un état de la demeure au moment où sa conservation devient un sujet du débat local. Le document décrit un projet et les discussions qu’il suscite, non un bilan de réalisation.[4]

Vue ancienne de la Maison Rivoire, depuis la rue, publiée dans un bulletin municipal.
La Maison Rivoire dans un bulletin municipalUne vue publiée lors du débat sur l’avenir de la propriété, au début des années 1990. La date de prise de vue n’est pas précisée.

2021

Prolonger la vie des bâtiments.

L’entretien de cet ensemble se poursuit au XXIe siècle. Le Département de la Savoie signale des travaux achevés en 2021 sur les toitures de l’ancienne magnanerie et du bâtiment appelé « les Galeries », avec des interventions de zinguerie.[5]

Cette campagne rappelle que l’histoire de la Maison Rivoire ne se limite pas à ses salons et à ses peintures. Les dépendances, les galeries et les couvertures participent elles aussi à la conservation d’une demeure façonnée au cours de plusieurs siècles.

Aujourd’hui · Prenez le temps de regarder

Lire les traces du temps.

01

Les façades et les volumes

Observez depuis l’espace public les ouvertures, les toitures et l’articulation des bâtiments. La maison porte les traces de plusieurs campagnes de transformation.

02

Un intérieur à découvrir en images

Les photographies placées dans le récit montrent les peintures et l’escalier, sans supposer que l’intérieur soit ouvert. Elles donnent un autre regard sur la demeure que vous avez devant vous.

03

Le lien avec Saint-Félix et les Carmes

La maison s’inscrit dans un quartier de jardins, de terrasses et de passages. Pour poursuivre cette histoire, rejoignez la source Saint-Félix en suivant le cheminement indiqué, sans emprunter un accès fermé.

Références et crédits

Les références ci-dessous accompagnent les différentes périodes du récit. Les quatre photographies présentées proviennent des documents de visite et du bulletin municipal transmis ; leur date de prise de vue n’est pas indiquée.

  1. 1 · Notice patrimoniale
    Ministère de la Culture · Mérimée PA00118332

    Origines aux XVIIe–XIXe siècles, éléments de décor, passerelle et inscription du 22 novembre 1991, à l’exclusion du parc.

    Consulter la notice ↗
  2. 2 · Document de visite
    « La maison Rivoire : la scène cachée du grand mariage de 1775 »

    Document transmis le 14 septembre 2026, 3 pages. Page 1 : récit du mariage, notariat, soie et extension de la propriété. Pages 2–3 : vue du jardin et décors intérieurs. Les épisodes reposant sur ce seul récit sont attribués à ce document dans le texte.

  3. 3 · Notice photographique
    Ministère de la Culture · Campagne patrimoniale de 1990

    Documentation des façades, de la galerie et des espaces intérieurs. Les photographies de cette campagne ne sont pas reproduites sur cette page.

    Consulter la référence ↗
  4. 4 · Bulletin municipal
    Le Tambour de Ville · Avenir de la propriété Rivoire

    Page 2 d’un bulletin évoquant une opération prévue pour 1993. Discussion de l’intérêt architectural, du projet urbain et de la conservation possible du bâtiment principal. La photographie porte la légende « La Maison RIVOIRE » ; le numéro et la date du bulletin restent à préciser.

    Consulter la page du bulletin ↗
  5. 5 · Restauration
    Département de la Savoie · Maison Rivoire

    Réfection des toitures de l’ancienne magnanerie et des Galeries, travaux achevés en 2021.

    Consulter la référence ↗

Photographes non identifiés dans les documents transmis. Les références de chaque photographie sont accessibles lors de son agrandissement.

03

Poursuivez votre visite

Source Saint-Félix

Depuis la Maison Rivoire, descendez vers la source Saint-Félix en suivant les indications sur place. L’étape suivante vous fait découvrir l’eau, les passages et les traditions de ce quartier.

Étape précédente : Augustines

Photographie de la Maison Rivoire

Explorer le patrimoine