XIIIe–XVe siècles
D’abord un passage, puis une frontière.
Avant d’être une limite entre deux pays, le Guiers est une rivière qu’il faut traverser. Le bourg se développe autour de ce passage, sur les routes qui relient la vallée du Rhône, le Dauphiné et la Savoie. La charte accordée par Amédée V en 1288 favorise les habitants et leurs activités. Au début du XIVe siècle, les mentions du péage témoignent déjà du mouvement des marchandises. Le pont fait vivre les marchés, les auberges et les métiers du bourg.[2], [6]
Le transfert du Dauphiné à la France, en 1349, puis le traité de Paris du 5 janvier 1355, changent la portée de ce franchissement. Mais le partage ne se fixe pas en un seul jour. Philippe Charat rapporte un accord de 1376 organisant deux communautés, puis un règlement en 1377 : la rive droite revient au comte de Savoie, la rive gauche au Dauphin. Les contestations dans l’Entre-deux-Guiers se prolongent bien au-delà.[3]
Deux souverainetés se font désormais face, sans que cessent les échanges quotidiens. Côté Savoie, l’installation des Carmes en 1419 participe à la vie de cette rive. En 1451, une conférence entre représentants du duc et du Dauphin discute encore des droits sur la rivière, du péage et des installations défensives. La charge d’entretenir le pont reste, elle aussi, un sujet de querelle.[3], [6]














