Les deux rives
D’un côté, Le Pont-de-Beauvoisin en Savoie ; de l’autre, Pont-de-Beauvoisin en Isère. Deux communes, une histoire liée.
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Vous êtes sur une ancienne frontière internationale. À partir de 1355, le Guiers sépare durablement les territoires du Dauphiné et de la Savoie, avec des interruptions et des ajustements. Traverser le pont pouvait signifier changer de souverain, de règles et de monnaie. Depuis 1860, on ne change plus de pays : la rivière reste la limite entre l’Isère et la Savoie.
Gardez le passage libre. Pour lire ou scanner le QR code au milieu du pont, restez sur l’espace piéton et arrêtez-vous sans gêner les autres usagers. Ne vous placez jamais sur la chaussée pour prendre une photographie.
Prenez le temps de regarder
D’un côté, Le Pont-de-Beauvoisin en Savoie ; de l’autre, Pont-de-Beauvoisin en Isère. Deux communes, une histoire liée.
Regardez la rivière : elle fut frontière politique, ressource et ligne de défense. Son cours rendait la délimitation parfois difficile.
Comparez les bâtiments riverains avec l’archive datée 1875 par sa légende. L’ouvrage actuel n’est pas le vieux pont détruit en 1940.
Pour les curieux
Le bourg s’est développé autour du franchissement du Guiers et d’un axe reliant la vallée du Rhône, le Dauphiné, la Savoie et les routes alpines. La charte accordée par Amédée V en 1288 favorise habitants et activités économiques ; foires et marchés s’inscrivent durablement dans l’identité locale.
Une publication historique rapporte qu’en 1301 environ cinquante mulets chargés, représentant près de quatre tonnes de marchandises, auraient franchi quotidiennement le passage. Ce chiffre reste à rapporter à la publication qui le transmet : le document primaire n’est pas identifié dans le pack.
Le transfert du Dauphiné en 1349 le place dans l’orbite française. Le traité de Paris du 5 janvier 1355, conclu entre Jean II le Bon et Amédée VI de Savoie, constitue ensuite un jalon majeur de la limite entre Dauphiné et Savoie.
La frontière n’est pas réglée immédiatement dans tous ses détails. Juridictions et possessions demeurent parfois litigieuses aux XIVe et XVe siècles. Elle connaît aussi des interruptions, notamment durant l’occupation française de 1536 à 1559 et entre 1792 et 1815.
Les habitants continuent pourtant de partager marchés, familles et usages de la rivière. La séparation religieuse des deux rives éclaire l’installation des Carmes côté Savoie.
Une tradition locale associe au souverain le projet d’un pont de pierre au XVIe siècle. Elle retient souvent 1543 pour un ordre ou projet et 1583 pour la réalisation de l’ouvrage.
Les dates et l’implication précise de François Ier divergent selon les sources. Il ne faut donc pas écrire qu’il a « construit le pont en 1543 ». Le nom transmis par la mémoire locale est un fait ; la chronologie exacte du chantier demeure à établir.
À l’époque moderne, le passage s’inscrit sur un grand itinéraire vers Chambéry, le Mont-Cenis et Turin. Marchands, soldats, diplomates, pèlerins et voyageurs croisent les convois, tandis qu’auberges et relais vivent de cette circulation.
Douanes, péages et contrôles donnent au pont une fonction administrative. Les monnaies, taxes, poids et réglementations diffèrent selon la rive. Les foires, dont celle de la Saint-Martin, attirent néanmoins les populations des deux territoires et contribuent à leur prospérité commune.
Une rencontre de 1451 associant Louis de Savoie, Anne de Chypre et le dauphin Louis est rapportée localement. Des négociations frontalières sont attestées ; le détail cérémoniel de la rencontre n’est pas établi par une source primaire directement citée dans le pack.
En 1574, Henri III traverse Pont-de-Beauvoisin en rentrant de Pologne pour rejoindre le trône de France. Marie-Adélaïde de Savoie passe vers la France en 1696. Entre 1771 et 1775, Marie-Joséphine et Marie-Thérèse de Savoie, puis Clotilde de France, sont associées à des passages dynastiques.
Ces « remises » peuvent comporter changements d’escorte, accueils officiels et cortèges. Pour une princesse, franchir le Guiers peut signifier quitter sa cour d’origine pour une autre dynastie.
Les différences de fiscalité et de réglementation alimentent aussi des circulations clandestines : sel, tabac et marchandises soumises à droits passent d’un territoire à l’autre.
Louis Mandrin (1725–1755) reste la figure la plus célèbre de cette culture frontalière. Il utilise la Savoie comme refuge face aux autorités françaises. Son arrestation en 1755 à la suite d’une intervention en territoire savoyard provoque un incident diplomatique. Ce chapitre ne résume toutefois pas à lui seul toute l’histoire des deux Pont.
Le traité de Turin de 1760 précise la frontière ; une borne armoriée datée de 1761 la matérialise. La documentation locale rapporte qu’elle aurait été jetée dans le Guiers lors du rattachement révolutionnaire de la Savoie à la France en 1792.
En 1815, la Savoie revient au royaume de Sardaigne et la frontière internationale est rétablie. Une nouvelle borne est installée en 1822 ; celle de 1761 aurait été retrouvée dans la rivière en 1826 selon la tradition locale.
La localisation actuelle, l’authenticité matérielle et l’histoire précise de ces bornes restent à confirmer. La visite numérique n’indique donc pas un emplacement supposé pour les chercher sur place.
Le traité de Turin du 24 mars 1860 prévoit le rattachement de la Savoie à la France. Le pont ne fait désormais plus changer de pays.
Le Guiers conserve pourtant une fonction administrative entre Isère et Savoie. Le quotidien des deux villes demeure étroitement lié de part et d’autre de cette limite départementale.
Face à l’avancée allemande, les forces françaises minent puis détruisent le vieux pont le 23 juin 1940 pour ralentir la progression vers la Savoie. Le Guiers retrouve brutalement un rôle militaire.
Un témoignage local publié en 1980 raconte cette destruction et ses conséquences pour les habitants. Le pont est alors un axe stratégique, mais aussi un support de réseaux et un élément vital pour les deux villes.
Le franchissement est reconstruit ensuite. Les sources réunies ne fixent pas suffisamment la date exacte de mise en service, les entreprises, les procédés de construction ou un éventuel réemploi de pierres. Ces précisions demandent une recherche dans les archives des travaux.
« La Complainte du Pont du Guiers », attribuée à Pierre Du Goûté dans le corpus, fait parler la mémoire du lieu à travers passages, contrebande, guerre et reconstruction.
Cette page est présentée comme un document de patrimoine immatériel. Son évocation poétique ne constitue pas une preuve de chacun des événements qu’elle raconte. Les paroles ne sont pas transcrites et aucun enregistrement musical non autorisé n’est ajouté.
Le temps long
La date exacte de mise en service reste à préciser.
Projet et réalisation : dates à nuancer.
La date exacte de mise en service reste à préciser.
Les traces du passé

Vue du pont et des bâtiments riverains ; la page source porte explicitement la mention « Photo prise en 1875 ». Auteur du cliché non identifié.
Corpus iconographique fourni par le porteur du projet. Auteur du cliché ou de l’illustration non identifié.
Voir le document source PBV-P14387-X01
Reproduction portant la légende « Le pont François Ier en 1885 ». La date est celle donnée par l’ouvrage, pas celle de sa publication en 1956.
Reproduction de l’ouvrage recueilli et imprimé par Philippe Charat, 1956. Corpus fourni par le porteur du projet ; auteur de l’illustration non identifié.
Voir le document source PBV-L3-P007-X01
Le pont, ses garde-corps et un véhicule hippomobile bâché devant les façades riveraines. Date du cliché non connue.
Corpus iconographique fourni par le porteur du projet. Auteur du cliché ou de l’illustration non identifié.
Voir le document source PBV-P14456-X01
Photographie insérée dans le chapitre « 1940 — La Guerre », avec l'église visible au fond. Datation de contexte : 1940 selon le chapitre.
Reproduction de l’ouvrage recueilli et imprimé par Philippe Charat, 1956. Corpus fourni par le porteur du projet ; auteur de l’illustration non identifié.
Voir le document source PBV-L3-P019-X01
Photographie de ruines et de gravats publiée dans le chapitre sur la guerre de 1940. Ne pas identifier une maison précise sans recoupement.
Reproduction de l’ouvrage recueilli et imprimé par Philippe Charat, 1956. Corpus fourni par le porteur du projet ; auteur de l’illustration non identifié.
Voir le document source PBV-L3-P020-X01
Reproduction documentaire de la complainte, conservée avec son texte et son illustration. La transcription musicale ou textuelle intégrale n'est pas fournie ici.
Corpus iconographique fourni par le porteur du projet. Auteur du cliché ou de l’illustration non identifié.
Voir le document source PBV-P14393-X01
Dessin du pont et de son environnement bâti reproduit sur une page de vœux. Ne pas dater l'image d'après les vœux qui l'encadrent.
Corpus iconographique fourni par le porteur du projet. Auteur du cliché ou de l’illustration non identifié.
Voir le document source PBV-P14439-X01Des femmes, des hommes, des savoir-faire
La charte de 1288 et le règlement territorial de 1355.
Un passage en 1574 au retour de Pologne.
Une figure de la contrebande et des tensions entre France et Savoie.
Une histoire, avec ses nuances
La tradition l’associe au projet. Les dates de commande et d’achèvement ne sont pas établies de façon définitive.
Les occupations et rattachements français l’ont temporairement effacée, notamment de 1792 à 1815.
Le corpus confirme la reconstruction après la destruction de 1940, sans en établir précisément toutes les étapes.
Récit consolidé à partir des dossiers historiques transmis en septembre 2026. Les témoignages, traditions et hypothèses ne sont pas assimilés à des faits établis. Les liens externes ne téléchargent aucun document automatiquement.
CONTENU_PONT_FRONTIERE.md et SOURCES_PONT_FRONTIERE.md : traités, souverains, bornes et niveaux de certitude. Plusieurs pistes archivistiques y restent à approfondir.
Bulletins et documents du corpus décrivant le passage, les foires, l’économie et le pont. Dates des clichés distinctes des dates de publication.
Ouvrir le document du corpus →Document du pack Pont frontière sur le 23 juin 1940 et les conséquences de la destruction.
Ouvrir le document du corpus →Attribuée à Pierre Du Goûté dans le corpus ; document de mémoire, non preuve de chaque épisode raconté. Pas de transcription des paroles.
Ouvrir le document du corpus →